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Morilles de feu 2026, jour 2

  • 28 juin
  • 3 min de lecture

Journal de bord de Claire Benoît, chef d'expédition


5h30, mes yeux sont ouverts. Il est tôt, mais moins tôt que ce que je pensais. Et à ma grande surprise, j’ai bien dormi et je me sens reposée et d’attaque pour cette nouvelle journée qui débute. Geneviève, encore plus matinale que moi, regarde au loin, assise sur le roc en pensant au déjeuner bien à l’abri des ours sur le pad d’hélico.  Comme deux paires de bras valent mieux qu’une, nous y allons toutes les deux.


De retour au camp, j’ai hâte de faire chauffer de l’eau pour boire mon café instantané (oui, je l’assume, j’aime le café instantané).Les mouches noires commencent à nous incommoder mais un petit feu dans le BioLite avec une bonne colonne de fumée nous permettent de profiter de  l’extérieur et de la douce lumière matinale. Les autres filles nous rejoignent un peu plus tard et nous prenons le déjeuner en groupe; le gruau et les fruits déshydratés font fureur.


La journée s’annonce chaude et collante, mais nous avons hâte d’aller prospecter dans le pin gris. Une bonne marche nous attend, nous partons pour une bonne partie de la journée, nous prenons le temps de bien préparer le stock que nous allons apporter. Le plus important est d’apporter assez d’eau pour se protéger de la déshydratation par la chaleur accablante, sachant qu’il n’y a presque pas d’ombre sous les pins gris du plateau de sable.


Il est 10h15, nous sommes prêtes à partir. Une distance d’un kilomètre et demi nous sépare de notre destination : le plateau de pin gris qui a brûlé en 2023 … et aussi en 2024 pour un certain secteur. Ce n’est pas courant de voir des secteurs qui ont brûlé successivement deux années de suite, ça m’intrigue beaucoup! Est-ce que le sol a brûlé en 2024 ou seulement les cimes?


Nous avions visité une partie de ce plateau de pin gris lors de l’expédition d’il y a deux ans. Il y avait des microsites propices à la fructification de la morille mais ils étaient épars. Le feu 2023 avait brûlé l’humus de façon très localisée au pied de certains arbres, laissant quelques microsites intéressants où le sol minéral était exposé. Encore là, je suis intriguée! À quelle vitesse la régénération s’installe-t-elle? Est-ce que le sol minéral sera encore visible, ou bien les bleuets, le thé du Labrador, les petits pins gris et d’autres plantes pionnières auront repris le dessus?


Toutes ces questions que je me pose depuis plusieurs années et auxquelles je me demandais si j’aurais un jour la chance de répondre. Ces réponses se trouvent à quelques heures de marche, c’est excitant! Pendant un certain temps nous marchons en terrain connu puisque nous avons fait une partie du trajet hier. Ça y est, nous y voilà, les affleurements rocheux que je devinais sur les cartes papier laissent place au plateau de pin gris.


Quel bonheur de retrouver ces arbres à la cime et l’écorce bien caractéristiques. Au sol, les petits pins gris ont poussé, ils sont passés d’une dizaine de centimètres à une trentaine ou quarantaine de centimètres, mais le sol minéral est encore très visible, donc bonne nouvelle les microsites sont demeurés.


C'est le temps de se refaire l’œil pour Geneviève, Andréanne et moi, et d’initier Élodie à la recherche sur ces sites bien particuliers. Je ne peux pas vraiment lui décrire à quoi ressemble une morille de feu dans cet environnement car on se rappellera que je n'en avais déniché qu'une seule en 2024 et qu'elle était minuscule de surcroît. La chasse au trésor peut débuter!


Cette chasse, je vous la raconterai demain car je commence à piquer du nez dans mon carnet. Il est 21 h 35, la nuit est tombée et je n’y vois plus très clair après cette grosse journée. Je suis tout de même la dernière à aller me coucher.




 
 
 

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