Morilles de feu 2026, jour 3
- 30 juin
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 juil.
Journal de bord de Claire Benoît, chef d'expédition
Au réveil, le soleil et la chaleur sont au rendez-vous. Il n’y a pas de morilles mais ce n’est pas le temps de se laisser abattre! Nous avons un incroyable terrain de jeu à explorer, des fleurs de thé du Labrador en plein pic de floraison prêtes à être cueillies et les défis d’une expédition en milieu isolé à affronter. Il fait chaud, très chaud, et le coup de chaleur nous guette. Nous devons être très attentives à ne pas nous déshydrater. L’eau des bidons descend à une vitesse folle!
Il faudra s’attarder à aménager la petite source d’eau souterraine que nous entendons ruisseler pour l’utiliser comme eau de lavage (nos mains sont perpétuellement noires de suie) mais aussi pour avoir de l’eau pour nous dépanner si les bidons sont à sec.
Nous sirotons notre café en profitant de la vue sur cette magnifique vallée glaciaire. Je propose le plan de journée que j’ai en tête à mes coéquipières. Avant-hier soir, profitant des dernières lueurs du soleil sur le cap de roche du pad d’hélico, nous avons entendu en contrebas ce qui pouvait ressembler à une cascade. Ça m’intriguait. Les filles, seriez-vous prêtes pour une petite marche aujourd’hui? Oui, si la distance et le dénivelé sont raisonnables. Go, j’allume le GPS. La possible cascade serait le prolongement de la rivière que nous avons trouvée les jours précédents, à 250 m en contrebas. C’est faisable, on y va!
On se prépare, tout le monde apporte deux petits sacs de récolte pour les fleurs de thé et j’ai espoir de pouvoir me décrasser, j’apporte des vêtements de rechange et une serviette de plage. Nous quittons le camp de base, nous traversons un affleurement rocheux avant d’entamer notre descente vers la rivière. Nous descendons un versant qui a été épargné par les flammes et qui abrite une magnifique pessière à mousses. Les épinettes noires atteignent une hauteur impressionnante et les diamètres de 30 cm sont fréquents. Wow, quel beau peuplement!
Nous entendons de plus en plus l’eau qui coule, ça augure bien, nous approchons à grands pas. Arrivées à la rivière, nous sommes émerveillées par la beauté du site. L’eau ruisselle sur la roche mère, dénudée au fil du temps de toute végétation par l’eau qui descend la montagne. Nous déposons nos sacs et remontons la rivière en marchant sur les blocs de roche nue. J’en profite pour faire de petits détours dans la forêt qui a brûlé en 2023 à plusieurs endroits, tout d’un coup qu’une petite morille pointerait le bout de son nez dans ces endroits qui bénéficient d’une humidité ambiante régulière (j’ai toujours espoir).
Au bout de 250 m, nous faisons demi-tour, nous avons un petit creux et le matériel de sécurité commence à être loin de nous. Quelques grignotines nous contentent et nous allons nous saucer dans un petit replat qui crée une cuvette d’eau assez profonde pour se laver. L’eau est fraîche mais comme c’est revigorant! Et quel bonheur de se sentir propre!
Il est temps de repartir, le temps orageux devient menaçant. Nous cueillons des petits pompons blancs sur le chemin du retour. Nous pressons le pas sur les derniers 100 m car les gouttes commencent à tomber. Finalement l’orage passe à côté, fiou! Le répit est de courte durée car à l’heure du souper nous avons droit à un épisode son et lumière, au point que Geneviève qui brave la pluie pour nous faire chauffer l’eau, une gamelle de métal à la main, sursaute à la vue d’un éclair relativement proche.
Le vent souffle, nous tenons les quatre coins de l’abri moustiquaire et nous croisons les doigts pour que le camp de base ne parte pas au vent. Finalement nous sommes épargnées, les gros des orages est passé à côté de nous. Nous soupons, soulagées, et profitons d’une incroyable coucher de soleil. D’un rouge pétant, il disparaît derrière les montagnes. Malheureusement aucune photo ne rend hommage à ce spectacle qui restera immortalisé dans nos mémoires.







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