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La cour à bois, domaine du mesureur

Certaines compagnies font le mesurage en forêt mais d’autres ont concentré cette étape importante dans la cour de l’usine. C’est le cas de Produits forestiers Résolu, où m’accueille M. Richard Pineault, superviseur au mesurage. Son travail a pour but de valider les volumes de bois qui entrent à l’usine et leur provenance par rapport aux autorisations de récolte et aux zones de tarification. Nous rejoindrons dans la cour un mesureur vétéran, M. André Asselin, et une nouvelle recrue, Mme Marie-Michèle Rioux, qui s’affairent à l’échantillonnage.

Mais retournons d’abord en forêt, où les empilements de bois sont séparés par essence, classés en petit bois ou gros bois et identifiés par trois lettres à l’entrepreneur qui les a récoltés. Lors du chargement d’un camion, la chargeuse a aussi comme rôle de préparer un feuillet sur les caractéristiques du chargement : les noms du propriétaire du camion, de son conducteur et de l’opérateur de la chargeuse, le no du chemin forestier,  le type de chargement ex : épinette, épidémie tordeuse, les données GPS de l’emplacement (en effet, pour chaque voyage de bois qui arrive à l’usine, on peut localiser sur une carte l’endroit exact d’où il provient), etc.

En arrivant à la cour de l’usine, le camion doit passer à la balance. Un camion vide pèse environ 20 000 kg alors qu’il atteint, chargé, entre 58 000 et 59 000 kg; faites la différence pour le poids du bois. Le camionneur doit entrer dans un petit bureau d’enregistrement pour estampiller son feuillet de ces informations supplémentaires. Ça fait quand même une bonne pile de feuillets à vérifier par la compagnie, en l’occurrence le superviseur au mesurage, à chaque jour.

D’un côté on pèse le bois mais de l’autre on veut connaître sa quantité en volume… Il faut donc évaluer son rapport masse-volume moyen par un échantillonnage en continu. Le système informatique du bureau d’enregistrement déclenche des échantillons aléatoirement. Si la sonnerie retentit  lors d’une pesée, le camionneur doit prévenir une chargeuse de venir prélever une quantité de billes dans son chargement. Le mesureur  entre en scène pour mesurer soigneusement ces billes : diamètre aux deux bouts, diamètre à 1 m pour les billes de souches, longueur, qualité du bois (mort/vivant, carie, fendu, cassé?). Ces données sont entrées dans un appareil à main de type Allegro puis transférées dans un logiciel pour le calcul du volume et de son facteur masse-volume. 

À part la tâche principale d’échantillonnage, le mesureur s’occupe aussi de faire régulièrement l’inventaire du bois dans la cour, en mesurant les hauteurs et les longueurs des empilements. Il fait aussi l’inventaire des tas de copeaux et d’écorce. Il passe 20 % de son temps au bureau et 80 % à l’extérieur. Il a connaissance de tout le mouvement dans la cour et a des contacts fréquents avec les camionneurs. Sans oublier la bonne odeur de résine omniprésente.

Une étude ergonomique a eu lieu chez Produits forestiers Résolu au Lac-St-Jean dernièrement pour étudier le travail des mesureurs. Ces derniers ont bénéficié de conseils pour rendre l’exécution de leurs mouvements plus ergonomique et ainsi éviter les blessures à long terme.

Pour être mesureur, il faut d’abord faire des études en foresterie, comme un DEP en aménagement de la forêt ou un DEC en technologie forestière. Il faut par la suite obtenir un permis (carte de mesureur de bois) auprès du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en passant des examens de compétence.

Marie-Eve Gélinas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M. Richard Pineault

 

 

 

 

 

 

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